YAZ — Peindre pour rester debout

Suite à la parfaite réussite de sa première exposition à l’Espace Jouenne le 6 mai 2025, nous sommes particulièrement heureux d’accueillir à nouveau Mina Agresti, dite YAZ. En effet, cette artiste singulière, portée par une énergie libre et profondément authentique, a su marquer les esprits et susciter un véritable engouement. Son univers, à la fois instinctif et vibrant, ne laisse pas indifférent : il touche, interroge et inspire. Ainsi, ses œuvres s’imposent naturellement comme des pièces fortes, capables de trouver leur place dans un intérieur, comme une présence vivante et expressive. Une artiste d’un nouveau genre, dont le travail donne envie, tout simplement, de vivre avec l’une de ses toiles au quotidien.

Une identité choisie, entre symbole et liberté

Mina Agresti, qui signe ses œuvres sous le nom de YAZ, a choisi un nom chargé de sens. En effet, YAZ renvoie au symbole berbère ⵣ, signe ancestral qui incarne la liberté, la dignité et la figure de l’être humain debout. Ainsi, dès l’origine, son travail s’inscrit dans une démarche profondément incarnée, où l’acte de peindre devient un geste de résistance autant qu’une affirmation de vie. Peindre, pour YAZ, n’est pas seulement créer : c’est tenir, respirer, exister pleinement.

La peinture comme nécessité intérieure

Très vite, la peinture s’impose dans son parcours comme un refuge, puis comme une nécessité. Dès lors, elle devient un espace où tout peut se dire sans contrainte. YAZ travaille souvent la nuit, lorsque le monde se fait plus silencieux et que les émotions prennent une autre intensité. La lumière y est différente, plus intérieure, plus sincère. Par ailleurs, la musique accompagne toujours son processus créatif : elle guide le geste, impulse le rythme et ouvre un dialogue direct entre le corps et la toile.

Un geste libre, entre mouvement et respiration

De plus, YAZ développe une pratique instinctive, en travaillant simultanément sur plusieurs toiles. Cette approche lui permet de suivre l’élan sans le contraindre, de laisser chaque émotion évoluer librement. Ainsi, elle circule d’une œuvre à l’autre comme on traverse ses propres pensées, sans chercher à figer ce qui doit rester vivant. Ce mouvement constant donne naissance à une peinture vibrante, traversée par l’urgence et la sincérité du geste.

Des territoires artistiques bruts et instinctifs

Son univers s’inscrit naturellement à la croisée de l’abstraction, du néo-expressionnisme et de l’art brut. En effet, ces territoires offrent à l’artiste une liberté totale, affranchie des codes et des contraintes narratives. YAZ y explore ses intuitions, ses colères, ses joies et ses cicatrices, sans filtre ni compromis. Ses œuvres deviennent alors des espaces de projection émotionnelle, où le spectateur est invité à ressentir plutôt qu’à comprendre.

Une peinture habitée par l’humain

Au cœur de son travail, les thématiques humaines occupent une place essentielle. Ainsi, la sororité, l’entraide, la compassion, mais aussi la révolte, la joie et la liberté traversent chacune de ses créations. Par conséquent, sa peinture révèle une foi profonde dans la force humaine, même dans ses fragilités. Elle capte ces moments où tout vacille, mais où quelque chose, malgré tout, continue de tenir.

Un hommage vibrant à Basquiat

En 2026, YAZ choisit de rendre hommage à Jean-Michel Basquiat, figure majeure de l’art contemporain. Cependant, il ne s’agit en aucun cas d’imitation. Au contraire, cet hommage s’inscrit dans une démarche intime et instinctive. Elle ne reprend pas ses formes, mais rejoint son urgence, sa nécessité de dire, sa liberté radicale. Dès lors, un dialogue silencieux s’installe entre deux artistes, unis par cette conviction que peindre peut parfois être une question de survie.

Une présence au monde, entre force et souffle

Enfin, le symbole de ⵣ Yaz (dernière lettre de l’alphabet amazigh) ne se limite pas à une signature. Il est profondément ancré dans l’identité de YAZ. Il incarne sa manière d’être au monde : debout, libre et vivante. Sa peinture devient alors un prolongement direct de cette posture. Elle est souffle, tension, vibration. Une manière d’habiter pleinement l’espace, et de rappeler, avec intensité et justesse, que créer, c’est avant tout rester vivant.

JR